Accueil / News / Guillaume Allègre et Xavier Timbeau, économistes, suggèrent d’étendre l’assiette de l’impôt sur le revenu en intégrant des revenus jusqu’ici non imposés

Guillaume Allègre et Xavier Timbeau, économistes, suggèrent d’étendre l’assiette de l’impôt sur le revenu en intégrant des revenus jusqu’ici non imposés

guillaume allègre et xavier timbeau, économistes, proposent d'élargir l'assiette de l'impôt sur le revenu en incluant des revenus auparavant non imposés pour une fiscalité plus équitable.
Rate this post

Guillaume Allègre et Xavier Timbeau, économistes à l’OFCE, défendent une piste de réforme fiscale visant à élargir l’assiette fiscale de l’impôt sur le revenu. Leur proposition consiste à intégrer certains revenus non imposés, notamment lorsque ces gains deviennent suffisamment certains pour être taxés.

Guillaume Allègre et Xavier Timbeau relancent le débat sur l’impôt sur le revenu

La démarche s’inscrit dans un contexte de finances publiques sous tension et de débat récurrent sur la contribution des ménages les plus aisés. Plutôt que de privilégier uniquement une taxe sur le patrimoine, les deux chercheurs proposent de regarder plus précisément les flux de revenus qui échappent encore à l’imposition classique.

Leur approche repose sur une idée centrale : la fiscalité doit mieux capter les ressources réellement disponibles, sans attendre qu’un seuil patrimonial très élevé soit atteint. Cette logique vise une meilleure cohérence de la politique économique, notamment lorsque des revenus économiques sont identifiables et stabilisés.

Cette proposition intervient aussi dans le sillage des discussions autour de la taxe Zucman. Allègre et Timbeau considèrent qu’un ciblage par l’intégration des revenus certains pourrait répondre à une partie des critiques portant sur la valorisation parfois complexe du patrimoine.

Revenus non imposés : une cible plus large que les très grandes fortunes

Selon cette analyse, la question ne commence pas seulement au niveau des patrimoines exceptionnels. Certains gains, avantages ou formes de revenus économiques peuvent rester hors du champ fiscal alors qu’ils traduisent une capacité contributive réelle.

Un cadre supérieur recevant une part importante de rémunération différée ou un dirigeant bénéficiant de gains liés à des actifs professionnels peut, par exemple, disposer d’un enrichissement effectif sans imposition immédiate équivalente. Le sujet porte donc moins sur une catégorie sociale que sur la définition même du revenu taxable.

Cette ligne défendue par les deux économistes vise à limiter les angles morts du système fiscal. Elle pose toutefois une difficulté opérationnelle : déterminer à quel moment un revenu devient assez certain pour entrer dans l’impôt sur le revenu.

Une réforme fiscale centrée sur les revenus certains

La proposition d’élargir l’assiette de l’impôt sur le revenu repose sur un principe de lisibilité : taxer ce qui est mesurable, certain et rattachable à un contribuable. Cette méthode cherche à éviter les débats techniques trop instables sur la valeur instantanée d’un patrimoine.

Dans le monde du travail, l’enjeu est direct. Une réforme fiscale de ce type pourrait modifier la manière dont certaines rémunérations complexes sont déclarées, notamment dans les secteurs où les bonus, actions ou revenus différés pèsent lourd dans la rémunération totale.

Le débat reste politique autant que technique : faut-il renforcer l’équité par une extension ciblée de l’assiette ou créer un nouvel impôt spécifique sur la richesse ? La proposition de Guillaume Allègre et Xavier Timbeau replace cette question au cœur de la discussion budgétaire.