L’OFCE avance une alternative innovante à la taxe Zucman, centrée sur une meilleure imposition des gains patrimoniaux non encore réalisés. L’objectif affiché reste clair : renforcer l’équité fiscale sans fragiliser l’investissement productif.
OFCE et taxe Zucman : une autre voie pour taxer les ultra-riches
La proposition étudiée par l’Observatoire français des conjonctures économiques vise les ultra-riches dont le patrimoine progresse fortement sans générer d’impôt immédiat. Elle cible notamment les plus-values latentes, fréquentes dans les holdings familiales et les participations d’entreprise.
Cette approche se distingue d’un retour classique de l’impôt sur la fortune. Elle cherche à faire contribuer les patrimoines en forte croissance, tout en évitant une taxation uniforme des actifs moins liquides.
Une fiscalité ciblée sur les plus-values latentes
Dans le cas d’un dirigeant possédant une holding valorisée à plusieurs centaines de millions d’euros, la richesse peut augmenter sans vente d’actions ni revenu imposable. L’OFCE propose de mieux intégrer cette progression patrimoniale dans la fiscalité.
Le débat porte donc moins sur le stock de patrimoine que sur son enrichissement réel. Cette nuance peut peser dans les discussions budgétaires, où la politique fiscale doit arbitrer entre rendement, efficacité et acceptabilité.
Cette piste répond à une critique récurrente : certains très hauts patrimoines échappent largement à l’impôt courant, faute de revenus déclarés proportionnels à leur richesse. La question devient alors simple : comment taxer davantage sans provoquer de blocage économique ?
Équité fiscale : la proposition de l’OFCE face aux inégalités économiques
Les économistes associés à l’OFCE défendent une logique de justice sociale appliquée aux très grandes fortunes. Le mécanisme envisagé permettrait de réduire les inégalités économiques en demandant un effort aux patrimoines les plus dynamiques.
Pour une entreprise familiale fictive, Transmeca Patrimoine, dont les titres gagnent fortement en valeur sans distribution de dividendes, la mesure créerait une contribution liée à cet enrichissement. Le principe évite que la hausse de valeur reste durablement hors du champ fiscal.
Un compromis entre rendement budgétaire et investissement
La taxe Zucman repose sur l’idée d’un impôt minimum appliqué aux plus hauts patrimoines. L’option portée par l’OFCE cherche plutôt à imposer la croissance de certains actifs, afin de limiter les effets de seuil et les tensions avec le financement des entreprises.
Ce compromis intéresse les responsables publics, car il peut préserver l’investissement tout en améliorant l’équité fiscale. Dans le débat social, le sujet touche directement au partage de l’effort collectif.
La discussion devrait rester centrale dans les arbitrages budgétaires. Entre impôt sur la fortune, taxation des plus-values latentes et contribution minimale, le choix final dira beaucoup de l’orientation donnée à la justice sociale et à la lutte contre les inégalités économiques.